Lorsque l’on se renseigne sur les manières de devenir auteur, l’usage est de se tourner vers les auteurs accomplis, les professionnels, ceux qui ont publié. Mais, ceux qui sont “passés de l’autre côté” ne sont pas les seuls à pouvoir offrir éclairage et conseils : certaines maisons d’édition se prêtent avec plaisir à l’exercice et la Maison des Pas perdus en fait partie. 

Avec ce premier article de l’interview de Marion Carvalho et Charles Hédouin, co-fondateurs de la maison d’édition La Maison des Pas perdus, on s’imprègne de pragmatisme, de liberté artistique et d’une profession qui est synonyme de passion. 

Pour eux, un auteur, une autrice, est avant tout une personne qui a besoin — mais ne nécessite pas — de s’exprimer via un médium graphique, artistique. C’est rappeler ici que les auteurs peuvent être écrivains, illustrateurs, scénaristes, ou tout cela à la fois. Ce qui compte c’est l’expression littéraire ou picturale, que la Maison des Pas Perdus tient à réunir au travers des livres illustrés qu’elle publie. 

Ce n'est pas obligatoirement une profession, ni forcément un passe-temps, il s’agit avant tout de souligner le labeur et la joie qui font partie intégrante de ce qu’est être auteur : douloureux, autant que cela peut être jubilatoire, libérateur, jouissif, émancipateur.

Marion et Charles avancent qu’un auteur ne se définit donc pas par un statut professionnel mais par sa pratique, quels que soient les styles ou les supports, et que la publication ne fait pas partie de cette définition. Pas toujours

On touche alors à la notion de subjectivité : surtout, la définition d'auteur·rice est subjective. Chacun l'entend comme il le souhaite. Tant que l'on se voit comme tel, c'est que c'est réel.

Et de rappeler que les éditeurs n’ont pas la même définition de ce qu’est être auteur, de même que des voies pour le devenir. Une dernière précision et non des moindres : votre art ne pourra pas, et ne doit surtout pas, plaire à tout le monde.

Combien sommes-nous à oublier cela lorsque, penchés sur notre feuille ou notre écran, nous songeons à l’audience que nous aimerions émouvoir ?