Pour s’améliorer en écriture, tout auteur doit s’atteler à l’amélioration de ses phrases en elles-mêmes. Pour cela, un travail d’orfèvre s’impose. 


Pour mieux écrire, choisir chaque mot avec soin


Le choix des mots d’abord. Le vocabulaire peut vite offrir des horizons limités pour qui se contente d’user de son répertoire quotidien. Ecrire n’est pas comme le parler ou rédiger “courant” : nulle part ailleurs le choix des mots que l’on emploie ne compte autant que lorsque l’on crée des phrases pour aboutir à une oeuvre littéraire. Livre, nouvelle, scénario, les écrits sont avant tout faits de mots et chacun compte par l’impression qu’il donnera au lecteur. La richesse de la langue offre d’infinies possibilités : on peut parler mais aussi chuchoter, interrompre, vociférer ou encore sussurer. Chaque terme a un sens bien précis qui touchera juste s’il est employé au bon moment.


Faire rimer adjectifs et adverbes avec parcimonie


Adjectifs et adverbes doivent presque être considérés comme des ennemis : la méfiance est de mise et la règle est de les éviter. Leur usage doit rester l’exception, comme effet voulu, et non comme une maladresse ; un oubli ou l’inconscience de celui qui commence à écrire sans se rendre compte de la lourdeur que cela fait peser sur ses phrases. 


Le bon verbe, le bon nom pour transformer ses dialogues, ses poèmes, sa prose 


Souvent, le premier réflexe est de compléter un verbe banal par un adjectif ou de le souligner par un adverbe. La force de phrases remarquables réside aussi dans l’emploi du bon verbe, du terme qui véhicule exactement le temps, la signification et l’impression que l’on cherche à communiquer. Faire, dire, parler, savoir, penser sont des verbes que l’on emploie si souvent qu’ils perdent de leur impact tout en obstruant les autres, ceux qui nous viennent moins naturellement mais qui conviendront bien mieux à un contexte précis. 


Au-delà du verbe, ce sont les noms que l’on emploie qui feront que nos phrases sont caractéristiques de nos écrits, de notre oeuvre en tant qu’auteur. Ne pas céder à la facilité en employant toujours les mêmes couleurs pour décrire un paysage, toujours les mêmes qualificatifs pour décrire un immeuble, toujours les mêmes termes pour donner à voir au lecteur les larmes d’un personnage ou son énervement, éviter cela doit devenir un enjeu quotidien. 


Se forcer pour transformer ses phrases sur la durée


Se faire violence est impératif pour transformer cet effort en habitude mais cela a pour effet de changer concrètement son écriture. Les phrases seront plus précises, plus justes, à même de délivrer l’effet exact que l’on souhaite impulser en tant qu’auteur. On sous-estime la concentration et le courage que cela demande pour acquérir encore une autre habitude d’auteur qui, comme la plupart, tient toutes ses promesses une fois acquise. 




Mon expérience : à quels défis je continue de faire face pour améliorer mes phrases

Comme tout le monde, j’ai de mauvaises habitudes. L’une de celles que je subis le plus en écriture est l’usage excessif (la preuve !) d’adjectifs et d’adverbes. C’est un effort quotidien que de veiller à en employer avec parcimonie pour ménager leur effet et porter plus d’attention au choix des verbes et des noms que j’emploie. Dans cette dernière année d’écriture, j’ai pu me rendre compte, par la pratique, à quel point, auparavant, j’ignorais l’importance des verbes. Employer le bon verbe peut transformer une phrase. Le choix des mots justes est une habitude que j’ai prise mais qui me demande encore une attention quotidienne. Pour m’y tenir, je m’astreins à utiliser dictionnaires classiques et recherches de synonymes pour être certaine de ne pas retomber dans mes anciens travers. Cela peut paraître ardu mais le jeu en vaut la chandelle.