S’il suffisait de quelques conseils pour écrire un roman, tout le monde les suivrait à la lettre et serait romancier ! Oui et non. 

Oui parce que de tels conseils peuvent faciliter la tâche, cadrer la créativité et permettre de mener un projet de roman à bien. Non parce que lire ou entendre des conseils ne suppose pas qu’on les applique. Les suivre de manière concrète et les intégrer à son écriture n’est pas chose simple.

Écrire un roman — qui est déjà une réussite en soi — ne garantit en rien qu’il soit bon ! Et aucune liste de conseils ne sera exhaustive sachant qu’il existe autant de manières d’écrire un roman que d’auteurs. 

Je vous partage pourtant les conseils que je suis et que je m’applique, pris auprès de professionnels de l’écriture et au gré de mon expérience d’écriture. Car ceux-ci ont fonctionné et fonctionnent pour moi. Testez par vous-même !

1/ Adopter l’état d’esprit marathonien 

On se bat avec soi-même et contre soi-même en fonction des jours et des projets d’écriture. J’aime établir un parallèle avec la course à pied que je pratique. 

D’avoir couru le Marathon de Paris en 2017 m’a beaucoup apporté en termes de discipline et d’obstination. L’entraînement de trois mois fut ardu et la course, le point culminant. Il s’agit alors de ne rien lâcher, de s’entêter dans sa course, quitte à ralentir, sans pour autant ignorer les signaux que notre corps nous envoie. C’est une question d’équilibre et d'opiniâtreté que je retrouve dans l’écriture d’un roman.  

Chaque session d’écriture est à la fois entraînement et course, dans un quotidien pour lequel l’équilibre doit être maintenu. Il s’agit de se projeter dans la durée. 

2/ Se former, sur la durée 

En autodidacte ou dans le cadre d’un parcours défini, la formation en écriture est la seconde ligne directrice qui me vient en tête. Prendre le temps, avant, pendant et après l’écriture de son manuscrit de lire des articles, échanger sur des forums, lire des ouvrages d’écrivains sur leur manière d’écrire ou des conseils d’éditeurs est une très bonne école en soi. 

Pour ma part, j’ai un goût pour les podcasts d’écriture, pour le mélange de vécu et de conseils que leurs créateurs véhiculent dans la plupart des épisodes. 

En complément, je ne peux que recommander de suivre une formation en écriture. Découvrez les formats proposés. Masters universitaires, cycles de formation longue durée, ateliers d’écriture sur place ou à distance, la diversité des formats ne manque pas pour que chacun trouve chaussure à son pied. 

Dans ces formations, le bénéfice est triple : 

  • Maîtriser un socle théorique solide
  • Apprendre à écrire, c’est-à-dire à réécrire, bien au-delà du premier jet
  • Renforcer sa culture littéraire et élargir ses horizons en se confrontant aux écrits d’autres auteurs en devenir 

3/ S’appuyer sur les méthodes existantes pour trouver la sienne 

S’inspirer des autres n’a jamais été une mauvaise chose, sauf à se sentir étouffer par leur talent ou leur discipline. En termes de méthode, il y a tout à gagner à étudier ce que d’autres ont expérimenté avant nous afin d’en picorer les éléments qui nous intéressent. L’objectif ? 

Élaborer LA méthode qui nous convient à partir de méthodologies glanées à droite à gauche et de conseils découverts au détour d’une conversation ou d’un article. 

Il ne s’agit pas d’imposer sa méthode aux autres mais bien de tirer parti de cette diversité. 

4/ Continuer à lire, autant que possible 

Lire est le conseil qui revient le plus souvent de la part des auteurs établis et des éditeurs. C’est le pilier de toute formation d’auteur. 

Il faudrait lire autant qu’écrire, voire plus. Et les lectures ne doivent pas être uniquement en lien avec son manuscrit en cours. Diversifier sa culture littéraire est une nécessité, à condition de lire avec des yeux d’auteur et non pas seulement de lecteur. Qu’entendre par cela ? Repérer et noter tout ce qui peut être utile à son écriture, à son manuscrit, au-delà du plaisir de lecture : une tournure de phrase, un fil narratif, une métaphore, la manière de rythmer un dialogue ou de mener des descriptions, etc 

5/ Préparer l’écriture 

La tentation est grande de saisir son stylo sans attendre mais c’est un élan qui, souvent, nous essouffle vite. Pour tout projet de roman, un travail amont permet de préciser la chronologie et le fil narratif, l’univers, le vécu et le profil de chaque personnage ou encore les points de blocages possibles. Construire un monde pour une œuvre de science-fiction ou de fantasy exige beaucoup de rigueur et de planification afin d’assurer la crédibilité d’un univers inventé. L’enjeu est le même pour un roman “réaliste” se déroulant à une époque connue. Le travail amont est ce qui rendra l’écriture fluide, crédible, car les fondations auront été posées. 

6/ Apprivoiser la réécriture 

Le premier jet n’est qu’une infime partie du travail dans l'écriture d’un roman et, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas forcément la phase dans laquelle on peut prendre le plus de plaisir. Cela dépend de chacun mais j’en suis venue à aimer la réécriture. C’est une plongée dans son propre style d’écriture, la phase où l’on saisit ses outils pour travailler la matière à pleines mains, absorbé par la tâche maintenant qu’une première forme a déjà émergé. 

C'en devient presque une tâche manuelle, un modelage de la langue pour dégager la bonne forme pour l’histoire que l’on souhaite raconter. L’instant présent nous happe dans ces moments de réécriture et, par ce travail en profondeur, j’ai véritablement la sensation d'écrire avant un grand “E”. 

7/ Échanger avec ses pairs 

Forums, clubs d’écriture, ateliers d’écriture, réseaux sociaux : les plateformes et lieux d’échange sont nombreux pour qui souhaite parler d’écriture. Il n’existe pas de règles pour l’échange entre pairs ou ce qu’il peut apporter à chacun. Des confirmations, des remises en questions, des ressources, des conseils, une motivation quotidienne. L’important est de ressentir que beaucoup d’autres personnes vivent des situations similaires et visent les mêmes objectifs. Autant s’entraider et tirer de la force les uns des autres !

8/ Accepter de prendre de la distance

À force de travailler son manuscrit, on pense ne jamais pouvoir le quitter. Et pourtant, un jour arrive où l’on vient à bout de son premier jet ou d’un cycle de réécriture. Une mise à distance s’impose alors avant de pouvoir le reprendre à nouveau et entamer un nouveau cycle de réécriture ou finaliser son roman pour autopublication ou envoi à des maisons d’édition. 

Quel est l’intérêt de le “laisser reposer” deux ou trois mois ? Nous désaccoutumer de notre écriture. S’éloigner permet de devenir un lecteur comme un autre au moment de retrouver notre manuscrit, et non plus l’auteur. Les coquilles, les mauvaises tournures, les incohérences nous sautent alors aux yeux ; des améliorations que nous n’aurions probablement pas détecté sans faire de pause. 

9/ Solliciter l’avis de professionnels 

Ne commettez pas l’erreur de penser que seul l’avis des lecteurs et de vos pairs compte. Certes, ils font partie des piliers qui permettront à votre œuvre d’éclore mais le rôle des professionnels du livre est souvent sous-estimé par les auteurs en devenir. Et l’accès à leurs conseils n’est pas aussi ardu qu’on puisse le penser. 

Sollicitez des éditeurs, notamment de petites maisons d’édition, des auteurs établis via leur site internet ou les réseaux sociaux, voire votre libraire et échangez avec eux. Leur expertise vous permettra de mieux construire votre roman et d’en obtenir la forme la plus aboutie. 

10/ Se lancer, et laisser la peur loin derrière 

Enfin, prenez le risque d’exposer votre créativité au monde. Certes, il peut être terrifiant d’anticiper que notre roman sera jugé, décortiqué, lu et apprécié, ou non, par des lecteurs inconnus. Mais c’est l’obstacle à franchir pour réaliser ses rêves et atteindre ses objectifs d’auteurs. Rappelons-le, pour un écrivain, il s’agit d’écrire ET d’être lu. Vous ne le regretterez pas !