Nominale, binaire, ternaire, les phrases qui se remarquent sont celles qui se démarquent par leur rythme, portées par le bon choix de mots. 

Structurer ses phrases : nominale, binaire ou encore ternaire

Les phrases binaires conviendront aux situations de comparaison, de choix, de dilemme, de miroir qui appellent une dualité. Innocent ou accusé, brillant ou dégradant. On met en valeur deux éléments, deux personnes, deux actions pour les présenter au lecteur à égalité ou de manière hiérarchique. L’un sera plus fort, l’autre plus faible, l’un sera dans le passé, l’autre au présent, peu importe. Ce qui compte est de définir ce qui les lie et le faire comprendre au lecteur, par l’évocation plus que par l’évidence. Aucun lecteur n’apprécie d’être sous-estimé dans sa réflexion et les déductions qu’il peut mener. 

Suivre une logique en écriture

Si l’on énumère comme c’est souvent le cas pour les phrases au rythme ternaire, il faut également choisir un ordre, une logique qui rattache les éléments les uns aux autres. Une fratrie ? On peut l’ordonner du plus jeune au plus âgé, ou l’inverse. Les meubles d’une pièce que l’on découvre ? Du plus proche au plus éloigné, du plus imposant au plus réduit, de la masse aux détails, l’ordre que vous souhaitez pourvu qu’il soit compréhensible et qu’il ait un sens dans votre récit. 

Privilégier la fin de ses phrases

Enfin, ce qu’il y a de plus important à dire doit être placer en dernier. Cela aura l’avantage de marquer l’esprit et de mettre en valeur ce que l’on tend à expédier, à placer en premier dans notre vie de tous les jours, par habitude. Mais, à l’écrit, l’effet doit être contraire. 

“Je suis monté dans le train, accompagné de ma mère et de ma soeur.” Si le fait d’être monté dans le train est ce sur quoi on souhaite appuyer, alors il faut inverser : accompagné de ma mère et de ma soeur, je suis monté dans le train. 


Mon expérience d'auteur en devenir 

J’ai une affection pour les phrases nominales et l’alternance de rythmes binaires et ternaires. Comme un allègement de mon écriture. User des phrases sans verbes et comprendre que nous devons imposer notre volonté d’auteur aux mots que l’on emploie m’a permis de prendre conscience de la boîte à outils que j’avais à disposition. Toute la langue française. Je peux avoir tendance à l’oublier mais ce que j’ai appris en formation et dans ma pratique renforce ma conviction jour après jour : choisir les mots justes, les verbes adéquats, varier la forme de mes phrases pour donner vie à mon récit, tout cela transforme mon écriture. Mais ce ne sera jamais un acquis. Pour moi, le bien-écrire et le bien-écrit dépend des efforts et de l’attention que l’on est prêt à porter à son écriture jour après jour. Parfaire ce bel équilibre, sans jamais me lasser.