Révision éditoriale enclenchée : le second marathon littéraire ?

Fin août, après 4 mois passés loin du manuscrit de mon premier roman Les pavés du pardon, j’ai repris le chemin de l’école en rouvrant le fichier auquel je n’avais pas touché depuis des mois.

Ces quelques mois de pause sont passés vite, entre un emménagement à Paris, des déplacements professionnels et le mariage de ma soeur.

Alors pas le temps de s’ennuyer mais, la fin de l’été arrivée, l’envie de retrouver mon récit me démangeait.

La mission du mois de septembre était claire : reprendre les corrections et remarques de mes trois bêta-lectrices (merci Renée, Laura et Mariela !) tout en redécouvrant les 226 pages du google doc. Puis envoyer le texte finalisé à Caroline Nicolas — éditrice aux éditions Brandon et ma mentore dans cette aventure depuis trois ans — avec qui je devais démarrer la révision éditoriale dans la foulée.

Sous-estimer l’ultime relecture en solitaire…

Le mois de septembre ne fut pas de trop pour mener ce travail de relecture et de correction. Il y en a toujours plus que ce à quoi l’on s’attend : coquilles, figures de style répétitives et/ou maladroites, surplus d’adjectifs et autres adverbes. J’en suis même venue à supprimer des chapitres entiers !

Je redécouvrais mon texte. Des années que nous nous fréquentions pratiquement tous les jours et voilà qu’on se perdait de vue durant 120 jours. Une éternité.

Mais cela m’a permis, sur les conseils de mon éditrice, de retirer mes “lunettes d’auteur” et d’appréhender mon texte comme une lectrice lambda le ferait. Avec un meilleur recul pour discerner ses points forts et ses points faibles.

Une fois le texte envoyé, j’ai attendu. Impatiente. Excitée. Avec un frisson d’angoisse. Quel retour allais-je obtenir ?

Lancement de la révision éditoriale : une phrase après l’autre

Caroline Nicolas m’a donné le feu vert en 24 heures et la semaine suivante nous avons démarré la révision éditoriale. Sans qu’elle ait lu le texte, même si elle en connaissait déjà de nombreux passages vus lors des trois années du cycle “Roman”.

Elle le découvre au fur et à mesure de nos sessions de travail, comme les lecteurs le feront une fois le roman publié. Encore et toujours ce réflexe d’adopter la posture de l’audience visée. Et d’émettre les corrections et améliorations de fond et de forme avec cette grille de lecture, tout en conservant l’essence du texte.

Un jeu d’équilibriste qui me fascine et que nous avions notamment abordé avec Nikos Precas lors de son interview pour le blog Je suis auteur.

Concrètement, comment se déroule une séance de révision éditoriale ?

Nous travaillons à distance, l’une à Grenoble, l’autre sur Bordeaux, alors ce sont des sessions en visio ou par téléphone d’1h30 à 2 heures.

Mot à mot, Caroline lit le texte à voix haute et s’arrête sur n’importe quel élément de fond ou de forme qui perturbe la fluidité du récit : une incohérence dans le déroulé des événements ou les propos des personnages, une métaphore à retravailler, un verbe à changer pour affiner le sens.

Contre toute-attente, ce ne sont pas les passages les plus complexes sur lesquels nous passons forcément le plus de temps et, j’ai déjà été surprise plus d’une fois par le temps que l’on pouvait passer sur un paragraphe de deux lignes d’apparence “simple”. Mais chaque mot compte et ce travail d’orfèvre me fait le réaliser.

C’est surtout un dialogue entre éditrice et autrice qui a lieu tout au long de la session. Caroline n’impose en rien et je n’approuve pas les yeux fermés. Chaque terme modifié est validé à deux ; mais force est de constater l’expertise de Caroline Nicolas en la matière.

C’est donc de la patience, de la communication et de l’ouverture d’esprit, surtout de la part de l’auteur, pour accepter de voir son texte encore évoluer. Et s’affirmer au fil des modifications, plus ou moins importantes.

Allez, voici quelques exemples permettent de se rendre compte des changements opérés dans les formulations. Je les poste sur Instagram et Facebook depuis les débuts du processus et je compte le faire jusqu’à ce que le texte soit bouclé !

Bien sûr, les processus de révision éditoriale varient en fonction des auteurs, des maisons d’édition, des livres à publier. A garder en tête ;)