Marion Carvalho et Charles Hédouin, co-fondateurs de la Maison des Pas perdus, perçoivent la formation à l’écriture comme faisant partie intégrante du parcours d’auteur. Mais quel sens donner à ce terme de formation ? Certains formats sont-ils plus indiqués que d’autres ? 

L'apprentissage continu ou la condition pour mieux écrire  

Cette passion de l'écriture — graphique ou littéraire — est comme toutes les autres passions : elles ne s'arrêtent jamais de s'alimenter. Pour les éditeurs de la Maison des Pas perdus, la formation est perpétuelle et infinie car l’on a jamais fini d'apprendre, dans et par la vie de façon générale, et donc aussi dans et par l'écriture.

Mais soutenir que la formation doit être une composante du quotidien et du parcours de chaque auteur ne suppose pas un format particulier. Selon Marion et Charles, aucune formation ne vaut mieux qu'une autre. Qu'il s’agisse de participer à des ateliers d'écritures organisés par sa ville, de suivre un stage animé par l’un de ses auteurs favoris ou de consacrer deux années à un cursus universitaire en création littéraire, aucun format ne prévaut car cette question de préférence reste une affaire personnelle. 

Ils soulignent qu’il faut surtout tout essayer et tester ce qui est le plus fonctionnel pour sa propre créativité et de rappeler que la relation éditeur·rice- auteur·rice est d'ailleurs une formation à part entière, pour les deux parties. C’est l’exemple de formation qui valorise peut-être le mieux que l’apprentissage en écriture est continu car, même après l’acceptation d’un manuscrit, le travail éditorial permet à l’auteur de se former encore. 

La réalité du travail éditorial, une continuité de la formation d'un auteur

Avant toute chose, c’est la subjectivité du travail éditorial que soulignent Marion Carvalho et Charles Hédouin. À notre sens, il n'existe pas de vrais ou de faux travaux éditoriaux. 

Quelle forme prend ce travail éditorial en ce qui vous concerne ? 

De notre côté, chez La Maison des Pas perdus, nous faisons généralement beaucoup retravailler les auteur·rice·s et sur de longues périodes temporelles. Nous considérons que cela permet d'arriver à une œuvre plus aboutie.  

Certain·e·s sont très "scolaires", et cherchent à obtenir “la meilleure note” et à suivre toutes les consignes à la lettre ; d'autres sont plus "réfractaires" et ne prennent en compte qu'un conseil sur dix. Certain·e·s trouvent la solution dès le deuxième essai, d'autres peuvent en faire trente sans que cela ne nous convienne. 

Est-ce que la publication est garantie lorsqu’un travail éditorial s’engage ? 

On ne peut pas prédire le "travail éditorial" que nécessitera chaque projet. On ne peut pas non plus garantir que celui-ci aboutira à une parution car, notamment, beaucoup de considérations calendaires et économiques entrent en jeu. 

Le plus important reste pour Marion et Charles de répondre positivement à la question suivante avec l'auteur·rice : est-ce que l'on sera fier de publier ce livre ?