Aujourd’hui, en matière de publication, les auteurs en devenir mais également ceux plus établis ont accès à un choix d’options de publication qu’il est important de toutes considérer. 

Parmi celles-ci, la publication à compte d’éditeur paraît souvent être l’évidence — pour son prestige, pour la prise en charge financière de tout le processus de publication et de promotion par l’éditeur — mais son manque d’accessibilité peut pousser à étudier d’autres possibilités. Alors, publierez-vous à compte d’éditeur ou à compte d’auteur ? 

Pour cet article, nous nous concentrons sur la publication à compte d’éditeur. Il y a bien assez de choses à en dire...

Publication à compte d’éditeur : un choix qui n’en est pas un

Publier à compte d’éditeur, c’est-à-dire faire publier son livre par une maison d’édition, est, dans l’immense majorité des cas, un combat et une course de fond, bien plus qu’un choix de la part de l’auteur. 

(Très) rares sont les écrivains et écrivaines qui sont en mesure de choisir la maison d’édition avec laquelle il collabore, surtout à leurs débuts, et dans quelles conditions.
Pour rappel, en moyenne, environ 3% des manuscrits envoyés sont publiés par les maisons d’édition. C’est peu. 

Néanmoins, pour les chanceux qui s’apprêtent à signer, pour ceux qui veulent revoir les bases, pour celles et ceux qui espèrent y parvenir, quelques éléments sont à garder en tête pour une publication à compte d’éditeur.

Le contrat de publication entre une maison d’édition et un auteur

Un contrat d’édition doit avant tout contenir certaines mentions : 

  • Le nom de l’ouvrage, sa désignation
  • Le nom de l’auteur ou son pseudonyme
  • L’étendue, c’est-à-dire la durée de la cession des droits

Il est également essentiel que les informations suivantes soient communiqués à l’auteur : 

  • Le prix de vente de l’ouvrage, qui pourra varier en fonction des tirages successifs s’il y en a 
  • La mise au pilon totale ou partielle, c’est-à-dire la destruction des ouvrages non vendus

Pour rappel, sous contrat à compte d’éditeur, la maison d’édition reste maître de la présentation du livre, à condition qu’elle ne porte pas atteinte au droit moral de l’auteur. 

Un peu de technique contractuelle pour “clore” le sujet. Sauf mention explicite du contraire, la maison d’édition est tenue d'exercer la comptabilité pour l’auteur et, dans les cinq premières années, de communiquer le relevé des droits d’auteur au moins une fois par an. Et oui, la plupart des auteurs n’ont de visibilité sur leurs ventes et leurs finances qu’une fois par an !

Enfin, compte-tenu du risque pris par l’éditeur d’investir en une œuvre et donc un auteur spécifique, il existe légalement un droit de préférence qui implique une certaine fidélité entre auteur et éditeur, pour assurer une continuité de la collaboration. 

Avantages et limites d’une publication à compte d’éditeur

Les avantages d’une publication à compte d’éditeur ? Une prise en charge totale du processus de la part de l’éditeur, de la correction du manuscrit à l’impression, en passant par la mise en page de l’ouvrage et toute la communication pour garantir sa vente. Et donc pas d’engagement financier de la part de l’auteur ! L’investissement est assumé par l’éditeur. 

Dans les limites de ce mode de publication, il est important de signaler que de nombreux auteurs s’impliquent fortement dans la promotion de leur livre, en plus des opérations de communication et des événements prévus par la maison d’édition. La plupart des éditeurs ne prennent pas en charge les frais de déplacement des auteurs sur les salons et autres événements de promotion, ceux-ci restent à leur charge. 

Par ailleurs, la garantie de se retrouver en librairie dans toute la France ne sera pas une réalité dans de nombreux cas. En effet, soit parce que la portée de la maison d’édition ne le permet pas soit parce qu’elle a fait le choix engagé de se passer de diffuseur et/ou distributeur pour mieux rémunérer les auteurs et prendre le parti d’une fabrication plus écologique. 

Mon expérience d’auteure en devenir

Publier à compte d’éditeur est un objectif qui me tient à cœur et je fais partie des auteurs qui se projettent avant tout dans ce mode de publication. Je ne sous-estime pas la difficulté de la tâche. Au-delà du manque d’accessibilité et de la compétition entre les manuscrits, je sais que j’aurai à m’engager de manière importante dans les différentes phases du projet : dans le travail éditorial d’abord, puis dans la communication et la promotion du livre, en soutien aux actions mises en place par la maison d’édition. Les canaux digitaux sont devenus phares pour la vente d’un livre et toutes les maisons d’édition ne sont pas forcément assez à l’aise. 

Pour la publication à compte d’éditeur, il peut être intéressant de cibler de plus petites maisons d’édition qui affirment de vrais partis pris écologiques et/ou en faveur d’une meilleure rémunération des auteurs. Loin des grandes parisiennes, ce sont des acteurs qui méritent la confiance de leurs auteurs. Vous voulez quelques noms ? En voici : l’initiative Livr&Co, la Maison des Pas perdus, Brandon & Compagnie ou encore les éditions Esperle. 

Mais pour cette dernière, c’est une publication à compte d’auteur un peu particulière, nous en parlons dans le prochain article...

N'hésitez pas à consulter l'une des sources ayant servi à cet article : http://www.echo-editions.fr/edition-compte-editeur