Pourquoi devenir jeune éditeur ? 

Vaste question.

Y répondre paraît d’abord être un sujet trop large pour Marion Carvalho et Charles Hédouin, jeunes co-fondateurs de la maison d’édition La Maison des Pas perdus. Tous deux ont moins de trente ans et se sont découverts une passion pour ce métier qu’ils s’efforcent d’exercer tel qu’ils le souhaitent. 

Marion s'est engagée dans une licence de lettres modernes qui l'a conduite à l'édition comme on suit un cours d'eau, jusqu'au master de Politiques éditoriales de Villetaneuse et à de premiers postes dans de grandes maisons d’éditions.

Mais est-ce son parcours qui définit son profil d'éditrice ? Plus que ses études, ce sont ses lectures, sa sensibilité biophile, ses interrogations personnelles qui ont jusqu’ici construit sa subjectivité et sa volonté d’exercer un métier en symbiose avec ses valeurs.  

Charles a d’abord entrepris des études de sociologie avant de s'essayer à la création littéraire contemporaine et finalement se former à l'édition professionnellement.

Pour Marion comme pour Charles, on est éditeur comme on est auteur : en acceptant d'être qui l'on est et en le révélant en toute humilité aux autres.

Leurs parcours, faits de choix mais aussi d’accidents et de hasards, reflètent leurs envies mais également leurs espoirs éditoriaux à travers la Maison des Pas perdus.

Autofiction et rémunération des auteurs : les enjeux de la création littéraire actuels ?

 Bien sûr, personne ne dispose d’une boule de cristal ou d’une vision globale tout à fait objective qui permettrait de lister avec certitude les grandes tendances actuelles et à venir de la création littéraire en France. 

Néanmoins, Marion Carvalho et Charles Hédouin ont leur point de vue sur la question. 

Nous n'avons pas ce pouvoir divinatoire, même si nos goûts nous portent vers l'illustré dans toutes ses formes et que certain·e·s iraient même à prédire la mort du roman. Mais ce n'est pas nouveau comme point de vue. Peut-être la poésie, sous d'autres formes que celles connues jusqu'à présent, trouvera une nouvelle place ? 

Il est vrai que les genres littéraires du roman et de la poésie sont, tour à tour, portés aux nues ou condamnés à la disparition. Mais qu’en est-il des modes actuelles ? 

Ce qui est certain, c'est que l'auto-fiction et le nombrilisme littéraire — la proposition de vraies-fausses fictions qui se regardent généralement écrire et s'amusent à flouter les rapports entre réels, écrits et décrits – sont victorieuses aujourd'hui et occupent une place importante dans le paysage littéraire. 

Ce n'est ni bien ni mal, la situation actuelle est ainsi.

Les (vrais) enjeux sont plutôt aujourd'hui ceux de la rémunération des auteur·rice·s  — notamment au travers du mouvement « Paye ton auteur ! » — et de la création de nouvelles formes de protection sociale et professionnelle des artistes.  

C’est un combat dont la dimension publique récente et le manque d’avancées significatives nous fait dire qu’il n’en est qu’à ses débuts.